Moodboard #3 : Warrior Spirit

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L’Horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: « Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c’est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard! »

Baudelaire – Les fleurs du mal.

Ce poème de Baudelaire est l’un de mes préférés. Il s’accorde à merveille avec l’esprit automnal qui doucement s’insinue au creux de nos journées. Le temps qui passe. La nostalgie de cette saison. « Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or » : aller toujours plus vite, tenter de rattraper ce temps qui passe et qui fuit, inexorablement, extraire de chaque jour la substantifique moelle,  profiter le plus possible, se battre contre soi, contre son envie de se laisser porter, ne pas se laisser gagner par la paresse et l’oisiveté…

Reprendre sa respiration, quelques résolutions sous le bras, et reprendre notre course folle contre le temps.

Avec cet esprit de combat, les vestes militaires, les bonnes vieilles Dock et les teintes mordorées resurgissent. Comme un leitmotiv, une valeur sûre. C’est l’automne qui entre dans nos placards et dans nos maisons.

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas cette version du poème interprétée par Mylène Farmer, c’est par ici.

Et vous ? Que vous inspire l’automne ?

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