Mobilité urbaine & véhicules autonomes : quand la fiction devient réalité

18h, Christophe sortit du boulot éreinté par sa journée. Une journée de merde. La tête encore bourdonnante du débat houleux qui venait de l’opposer au directeur commercial, il se mit à ruminer les arguments qu’il aurait dû avancer pour convaincre le grand patron de financer son projet. Mathieu avait pourtant promis de le soutenir. Il l’avait même aidé à dimensionner son budget prévisionnel. C’était sûr, à eux deux ils pouvaient arriver à lancer cette expérimentation de R&D qui pourrait apporter de nouvelles perspectives de développement à l’entreprise et lui permettrait de pérenniser les postes de deux de ses collaborateurs.

Mais Mathieu avait joué double jeu. Le salop. Au dernier moment, dès que le D.G avait soulevé quelques questions techniques épineuses, il avait subitement retourné sa veste. En quelques minutes, il avait démonté son projet devant lui et tous les autres membres du comité de direction sans le moindre scrupule. Christophe avait balbutié quelques mots, quelques arguments dans le désordre. Mais totalement déstabilisé, il n’avait pas su reprendre ses esprits à temps pour faire basculer le débat. Un allié qui se transforme sous vos yeux en ennemi… il ne l’avait pas vu venir.

Le D.G, Jacques Moreau, était un homme pressé. Quand Mathieu avait subitement proposé de remplacer ce projet par une campagne de prospection commerciale déjà toute ficelée avec le service big data, Monsieur Moreau  n’avait pas hésité longtemps. D’autant que, curieusement, à quelques centaines d’euros près, le budget était le même.

Bien que la réunion se soit terminée il y a plus d’une heure, Christophe était encore plein de rage. Il claqua la porte de son bureau et partit sans même saluer le reste de l’équipe. Il n’avait pas le cœur à leur expliquer maintenant que le projet sur lequel ils bossaient depuis plusieurs mois venait de prendre l’eau en quelques minutes par sa faute.

D’un pas pressé, il gagna le parking déjà presque désert. Le vendredi, la moitié des collaborateurs de l’entreprise partaient beaucoup plus tôt pour éviter les embouteillages. « Pour couronner cette putain de journée, je vais galérer sur la route… » se dit-il dépité. Il n’avait pas la tête à conduire.  Pas ce soir. D’ailleurs, Leslie, son assistante de conduite intégrée ne s’y trompait jamais. Quand il posa sa main sur le tableau de bord pour démarrer son véhicule, la douce voix de sa copilote fantôme emplit l’habitacle et prononça tranquillement sa sentence « Bonsoir Christophe, ce soir vous n’êtes pas en état de conduire. Le détecteur de concentration indique que vos taux d’adrénaline, de corticotrope, de cortisol, d’ocytocine et de vasopressine sont trop élevés. Mode pilote automatique enclenché. Je vous conseille d’écouter un peu de Bach pour vous détendre ».

« Ok ok. Je te laisse gérer Leslie. Vas-y. Destination maison. Pour la musique, je te laisse choisir le morceau. Je suis  d’humeur massacrante ce soir ». La voiture de Christophe, une belle AirMotors dernière génération, se mit en route. Christophe se cala sur son fauteuil, allongea ses jambes et commença à feuilleter un magazine de déco oublié par sa femme dans la Technobox. C’est ainsi qu’on appelait désormais la boite à gants… bardées de connecteurs et chargeurs en tous genres.

La voiture n’avait pas fait 100 mètres en sortant du parking que la circulation commençait déjà à se densifier. Après 8mn d’embouteillages, Leslie interrompit la musique. « Je vous propose de rejoindre une aire de décollage. La prochaine est à 1,8 km, c’est-à-dire à environ 10 mn compte tenu de la circulation. J’ai fait une demande au central, nous sommes autorisés à emprunter la voie aérienne B12. Compte tenu de la circulation, nous y serons dans environ 10 mn et nous arriverons à votre domicile à 18h49. ». « Validé » murmura Christophe, soulagé que l’option « avion » puisse être activée ce soir, ce qui n’était pas toujours le cas selon les conditions climatiques ou encore selon les réserves d’énergie du véhicule.

Les AirMotors étaient encore rares. Mais Christophe, dans le cadre de son job de directeur de l’innovation et de l’Intelligence artificielle dans un grand groupe d’électronique, avait pu négocier cet avantage avec son patron. Après tout, c’était lui qui avait conçu ce détecteur de concentration pour le constructeur automobile dans le cadre d’un partenariat qui s’était avéré juteux pour son entreprise. Alors il savourait ce privilège de faire partie des premiers propriétaires de AirMotors. L’inconvénient, c’est que les aires de décollage étaient encore trop rares pour pouvoir passer du mode conduite automatique au mode avion quand on le voulait. Heureusement, il y en avait une à moins de deux kilomètres de son entreprise.

Christophe avait quand même dû passer un brevet de pilotage pour être autorisé à disposer de ce véhicule. Il n’était pas encore tout à fait à l’aise avec ces vols urbains, même s’il ressentait à chaque fois une euphorie incroyable au décollage. Mais il savait que bientôt, les choses seraient encore plus simples. Le prochain modèle de la AirMotors prévoyait un mode avion automatique. Il n’aura même plus besoin de savoir piloter. Le pied.
Christophe avait beau créer, inventer, participer à son échelle à la transformation du secteur, il avait parfois encore du mal à croire que tout cela était bien réel. Les images des films de science-fiction qui avaient bercés son enfance lui revenaient souvent en mémoire. Et à chaque décollage, cette petite phrase lui revenait systématiquement en tête « Là où l’on va, on n’a pas besoin de route ! »

véhicules volants autonomes

Emergence de nouveaux modes de déplacements – Sources d’inspiration

Il y a d’abord eu les « voitures autonomes », dont beaucoup de modèles sont déjà expérimentés un peu partout dans le monde.

Les transports en communs qui permettent d’enjamber les embouteillages.

Les projets de véhicules volants qui se multiplient.
http://sites.arte.tv/futuremag/fr/les-voitures-volantes-arrivent-futuremag

http://www.leparisien.fr/transports/projets/airbus-planche-sur-des-vehicules-volants-pour-se-deplacer-en-ville-31-08-2016-6083031.php

Et bientôt…  les véhicules volants autonomes !

Prospective VS science-fiction : la formule de Dieu est-il un roman d’anticipation ?

la-formule-de-dieuImaginer le futur, parler prospective, faire marcher son imagination… Au-delà des chasseurs de tendances, futurologues et autres prospectivistes, c’est aussi dans la littérature et plus particulièrement dans les romans de science-fiction, qu’on peut parfois trouver une ébauche de ce que seront nos lendemains.

L’imagination débordante des auteurs, leur côté visionnaire et leur créativité alliés à la poésie des mots donne naissance à un avenir des possibles parmi lesquels il y peut y avoir un réel effet d’anticipation. Qui ne connaît pas les troublantes similitudes entre le roman 1984 de G.Orwell et notre mode de vie actuel ?

Aussi, ma lecture de plage de cet été « La formule de Dieu » de José Rodrigues dos Santos m’a donné à voir loin, très loin, en apportant une réponse à la question existentielle que nous nous sommes tous posé un jour : quel est le sens de notre existence sur terre ? Cette quête sur l’origine de l’univers et la place de l’homme au cœur de cette immensité apporte un éclairage qui se dit fondé sur des thèses et des théories scientifiquement reconnues.

Attention, pour ceux qui veulent découvrir l’ouvrage, ne lisez pas la suite de cet article !

Au-delà de l’épopée de son héros pour décoder un manuscrit rédigé par Einstein, ce roman de science fiction nous confronte à une hypothèse certes romanesque mais qui, pourquoi pas, pourrait flirter un jour avec la réalité : la présence de l’homme sur terre aurait pour vocation de développer une intelligence supérieure, l’intelligence artificielle, qui aura un jour la capacité à connaître, maîtriser et reproduire la matrice de l’univers et lui permettre, à l’issue du big crunch, de renaître de ses cendres… Intéressante théorie n’est-ce pas ? L’intelligence artificielle nous survivrait donc. L’homme, une espèce parmi les autres, participe ainsi à sa mesure à la survie de la planète.

Si l’intelligence artificielle n’en est qu’à ses débuts, cet ouvrage n’est pas le premier à supposer que celle-ci nous dépassera, nous contrôlera et nous survivra. Mais cette fois, ce serait pour la bonne cause. De quoi contrebalancer les inquiétudes qui émergent à l’égard des progrès de l’IA ?  Je vous en laisse juge.

La Formule de Dieu » est, dans tous les cas, une lecture prenante, qu’on ne lâche pas jusqu’à la dernière page.

Mon TREND BOARD inspiré de cette lecture.

Quete spirituelle et rebelle aout 16