« Capsule wardrobe » ou l’économie frugale jusque dans nos placards

Le concept de capsule wardrobe ou « garde-robe capsule », consiste à se créer une garde-robe constituée d’un nombre réduit de pièces mais pensée dans son ensemble pour que lesdites pièces s’accordent aux mieux les unes avec les autres. Il s’agit de favoriser la qualité des matières, des coupes et d’investir sur la durée dans un minimum de « basiques » ou « d’indispensables » au lieu d’accumuler. Au final, on est censées gagner du temps le matin et mieux profiter de ce qu’on a dans son placard. En effet, comme la loi de Pareto le laisse entendre, nous n’utiliserions qu’environ 20% de nos vêtements…

Ce regain de minimalisme, tendance forte des années 90, est apparu il y a environ deux ans de mémoire de lectrice de blogs mode. Il illustre jusque dans nos placards une tendance de fond bien plus large qu’on observe déjà depuis quelques temps dans l’économie : lean management et économie frugale.

Pour mémoire : le lean management est la recherche de la performance en entreprise censée être plus facile à atteindre par l’amélioration continue et l’élimination des gaspillages afin d’améliorer la valeur globale pour le client. L’économie frugale, quant à elle, vise à maximiser la valeur tout en réduisant les ressources.

Si ça n’est pas une définition parfaitement taillée pour coller au concept de capsule wardrobe alors je n’y comprends plus rien ! Navi Radjou se doute-il d’avoir fait des émules jusqu’au cœur de la planète mode ?

Faire mieux avec moins

D’où vient ce besoin de « faire mieux avec moins » jusque dans nos placards de fashionistas ?

Un désir de mieux consommer, une forme de désamour vis-à-vis de la société de consommation, une envie probablement de se sentir moins esclave de la mode et de ses perpétuels it-quelque chose qu’il faut absolument avoir… Un peu de tout cela sans doute. Mais c’est avant tout une quête d’authenticité : se créer une garde-robe plus en phase avec ce que l’on est et ce qui nous va, qui sera moins soumise aux caprices de la fast fashion. « Avoir du style » plutôt qu’« être à la mode », c’est la quête associée à celle du dressing parfait. Les femmes seraient-elles en train de mûrir leur rapport aux vêtements ? Sans doute.

Le numérique au secours des fashionistas

Comme il y a à peu près « une appli pour tout », sont nées dans la foulée une multitude d’applications pour aider les modeuses à gérer leur garde-robe, anticiper leurs tenues de la semaine, tout ça depuis leur smartphone ou leur tablette. Je ne vais pas chercher à les lister, il doit en sortir tous les jours. Un article sur le sujet fait ici un focus sur 7 des plus populaires d’entre-elles : 7 Popular Wardrobe and Outfit Planning Apps Reviewed

Pour ma part, c’est en lisant un article sur les créatrices françaises de « clothe to me », que j’ai eu envie de tester cette nouvelle façon de gérer mon armoire. J’ai immédiatement été séduite par l’idée d’enregistrer ma garde-robe sur ma tablette et de pouvoir tester des associations le soir dans mon canapé pour trouver de nouvelles idées.

Autant vous le dire tout de suite, le coup de foudre ne s’est pas transformé en histoire d’amour. Quand on a un dressing débordant comme le mien, photographier les centaines de pièces qui le composent devient vite fastidieux. Très fastidieux. Quand au rendu, il était souvent approximatif, certainement en raison de la piètre qualité de l’appareil photo de ma tablette, mais quand même… J’ai été déçue et je n’ai pas poursuivi au-delà du week-end entier consacré à enregistrer une petite partie de mon dressing.

Vous allez me dire que, si on veut aller vers le concept de « capsule wardrobe » alors il faut d’abord faire du tri, beaucoup de tri, pour ne garder que l’essentiel. Mais dans ce cas, on a tellement peu de pièces que ce type d’appli devient inutile, n’est-ce pas ? Retour à la case départ.

Comment je me suis appropriée le concept de capsule wardrobe

capsule wardrobe

Au-delà des articles sur ce concept, Pinterest a également vu fleurir des tableaux entiers consacrés aux capsules wardrobes, au dressing idéal et de merveilleuses photos léchées ont commencé à envahir les réseaux sociaux. Instagram n’est d’ailleurs pas en reste sur le sujet. Et puis les marques ont suivi avec leurs « collections capsules ». Bref, un concept qui s’étend peu à peu et qui continue de me séduire.

Pour autant, je n’ai pas envie de faire un tri drastique dans ma garde-robe et ce, pour plusieurs raisons :

  • J’aime encore aujourd’hui presque tous les vêtements que j’ai achetés parfois même il y a 10 ans. Je suis une grande conservatrice… au-delà de la raison sans doute.
  • Je n’ai pas envie de tourner en boucle avec les mêmes fringues toute l’année car j’ai un style disons… très éclectique selon mes humeurs. Et je change souvent d’humeur 😉
  • Je n’ai pas envie d’user plus que de raison les pièces que j’aime le plus en les portant plus souvent
  • La mode est un éternel recommencement et j’ai souvent regretté d’avoir jeté certains vêtements «  démodés » que j’aurai pu à nouveau mettre à l’honneur deux ou trois ans après m’en être débarrasé.

Pour toutes ces raisons, il fallait que je trouve une autre solution pour mieux exploiter les « trésors » cachés qui dorment dans mon placard (non point de vrais trésors mais tout vêtement inexploité et qu’on aime encore est bien un trésor en soi).

Alors… J’ai décidé de créer mes propres « collections capsules » chaque semaine :

  1. J’ai fait un peu de tri (quand même, c’était indispensable)
  2. J’ai investi dans un portant ikéa (15 euros)
  3. Je sélectionne chaque week-end dans mon placard une dizaine de pièces qui se marient les unes avec les autres

J’ai ainsi retrouvé le plaisir d’explorer tranquillement mon dressing au lieu de prendre en vitesse chaque matin le premier pull de la pile et le premier pantalon qui va avec. J’ai ressorti des vêtements que j’avais oublié. Je prends plaisir à redécouvrir ce que j’avais déjà et à faire des associations nouvelles.

Bien sûr, il faut un peu de place pour pouvoir avoir à la fois un dressing débordant ET une pièce où disposer le portant pour profiter de la sérénité qu’il dégage. Mais c’est ainsi que j’ai trouvé mon juste équilibre.

Mon trend board inspiré de la tendance « back to the basics » ou « back to essentials »

Trend board back to essentials aout 16

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Prospective VS science-fiction : la formule de Dieu est-il un roman d’anticipation ?

la-formule-de-dieuImaginer le futur, parler prospective, faire marcher son imagination… Au-delà des chasseurs de tendances, futurologues et autres prospectivistes, c’est aussi dans la littérature et plus particulièrement dans les romans de science-fiction, qu’on peut parfois trouver une ébauche de ce que seront nos lendemains.

L’imagination débordante des auteurs, leur côté visionnaire et leur créativité alliés à la poésie des mots donne naissance à un avenir des possibles parmi lesquels il y peut y avoir un réel effet d’anticipation. Qui ne connaît pas les troublantes similitudes entre le roman 1984 de G.Orwell et notre mode de vie actuel ?

Aussi, ma lecture de plage de cet été « La formule de Dieu » de José Rodrigues dos Santos m’a donné à voir loin, très loin, en apportant une réponse à la question existentielle que nous nous sommes tous posé un jour : quel est le sens de notre existence sur terre ? Cette quête sur l’origine de l’univers et la place de l’homme au cœur de cette immensité apporte un éclairage qui se dit fondé sur des thèses et des théories scientifiquement reconnues.

Attention, pour ceux qui veulent découvrir l’ouvrage, ne lisez pas la suite de cet article !

Au-delà de l’épopée de son héros pour décoder un manuscrit rédigé par Einstein, ce roman de science fiction nous confronte à une hypothèse certes romanesque mais qui, pourquoi pas, pourrait flirter un jour avec la réalité : la présence de l’homme sur terre aurait pour vocation de développer une intelligence supérieure, l’intelligence artificielle, qui aura un jour la capacité à connaître, maîtriser et reproduire la matrice de l’univers et lui permettre, à l’issue du big crunch, de renaître de ses cendres… Intéressante théorie n’est-ce pas ? L’intelligence artificielle nous survivrait donc. L’homme, une espèce parmi les autres, participe ainsi à sa mesure à la survie de la planète.

Si l’intelligence artificielle n’en est qu’à ses débuts, cet ouvrage n’est pas le premier à supposer que celle-ci nous dépassera, nous contrôlera et nous survivra. Mais cette fois, ce serait pour la bonne cause. De quoi contrebalancer les inquiétudes qui émergent à l’égard des progrès de l’IA ?  Je vous en laisse juge.

La Formule de Dieu » est, dans tous les cas, une lecture prenante, qu’on ne lâche pas jusqu’à la dernière page.

Mon TREND BOARD inspiré de cette lecture.

Quete spirituelle et rebelle aout 16